Ma plus grande peur

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En ce moment, je suis en train de lire ce livre dont je reparlerai très
prochainement dans une vidéo
. Mais ce dont je veux vous parler, c'est d'une
histoire qui est évoquée comme illustration exemple et qui m'a provoqué
une grande réflexion que je voudrais vous transmettre aujourd'hui.


En fait l'histoire qui est racontée, enfin l'une des histoires qui est raconté dans ce
livre. C'est celle d'un gars qui s'appelle Alex, qui a une marque de vêtements appellait Foolies. Alex est un noir américain qui s'est d'abord lancé
dans le rap. À un moment donné, il a pris conscience (ou du moins il a eu
l'idée) qu'en tant que rappeur il se devait d'avoir sa propre marque de vêtements. Il a commencé à créer des tee-shirts avec un ami. Ils ont vendu des t-shirts et lorsqu'ils envoyaient leurs colis à leurs clients, il y avait un petit mot. Et puis, ils leur étaient envoyés un lien sur lequel ils n'avaient plus qu'à cliquer. Et quand ils cliquaient, le client avait le droit à sa musique, sa chanson avec son nom dedans. Ce qui est plutôt cool. Bref.


On ne sait pas trop comment marchent les affaires pour Alex, mais le fait est
que un jour en 2015, à l'occasion de la remise des prix Emmy. Là où Viola Davis,
donc c'est l'actrice principale de «How to get away with murder» a eu son prix Emmy. Il s'est dit «Waouh cette fille-là a eu un prix. Une femme noire a eu un prix !».

Et puis dans la même cérémonie, une autre femme noire dont j'ai oublié le nom a également reçu une récompense.

Le gars ça l'a inspiré, il s'est dit «Et si je mettais en valeur les femmes noires américaines ?!». Alors sur Instagram il a commencé à faire des images (des phrases en fait plus exactement) qu'il a ensuite remis sur ses t-shirts. C'était vraiment des phrases de motivation, d'inspiration avec :«write like Shonda» écrit comme chez Shonda, «Speak like Viola» parle comme Viola Davis (donc l'actrice), «Walk like Keri» donc marche comme Kerry Washington (c'est l'actrice de Scandale, qui joue Olivia POPE). Il a fait ça et puis, ça a commencé à se partager sur instagram, etc.

On lui a passé une commande, une grosse commande, pour un événement qui rassemblaient les femmes noires d'Hollywood. Il a produit des t-shirts, sans forcément se renseigner plus que ça. Et puis tout d'un coup, il a vu sur les réseaux sociaux, une photo de cet événement avec plein de filles qui portaient ce t-shirt. Et notamment, une fille qui portait ce t-shirt avec des bras autour d'elle et les bras qui l'entourait étaient ceux de Oprah Winfrey. Alors autant vous dire qu'après ça son affaire a décollé.

 

Pourquoi je vous raconte cette histoire ?

C'est parce qu'elle m'a vraiment interpellé sur le fait que souvent on cherche comment arriver à se démarquer, à se montrer sous son meilleur jour, se mettre en valeur sur internet. On n'a pas envie vraiment de partager les trucs qui nous dérangent, que nous identifions comme des faiblesses. Parce que l'on a peur de la
réaction des gens, on a peur des commentaires qu'on va recevoir, etc.

Moi-même, je dois dire que ça a été mon cas, puisque ça fait plus de dix ans que je blogue et jusqu'il y a très peu de temps, jusqu'il y à un an, c'était vraiment hyper rare que je mette ma photo sur mon site, que je m'affiche sur les réseaux sociaux, etc. Pourtant, je suis quelqu'un qui a vraiment, j'ai confiance en moi. Mais je ne le faisais pas, parce que je suis noire tout simplement.

 

Non pas que j'avais peur de me prendre des remarques racistes, mais plutôt parce que j'avais peur qu'en affichant mon visage, je perde du lectorat parce que les gens n'allaient pas se reconnaître en moi. Parce que faut se l'avouer, je vis dans le monde occidental avec une majorité de personnes de couleur blanche. Même si évidemment, heureusement d'ailleurs, on transcende tous ces questions de couleur, en tout cas pour la plupart. Pour la plupart.

 

J'avais peur en fait quand même que ça arrête, que cela freine les gens. C'était une crainte et pour moi c'était plus facile d'avoir un avatar que d'afficher mon visage.

 

Et il y a un an lorsque j'ai lancé Blogtrepreneure je me suis dit :

«ah et puis je m'en fous là, j'ai vraiment envie que ce soit moi. Je veux lancer mon entreprise et je veux l'incarner». 

Donc j'ai montré mon visage, je me suis mises en photo. Et bien évidemment, ce qui s'est produit c'est que j'ai attiré tout types de personnes et toutes couleurs confondues. Ça n'a strictement aucune une importance.

Ok, ça a été un premier pas. Mais j'avais vraiment cette résistance, toujours, à me montrer et attirer des gens avec qui j'avais peur de pas être en phase, etc.

Et pendant longtemps, il y a un gros groupe sur Facebook qui s'appelle les Afro-entrepreneuses, qui rassemble des femmes d'origine africaine qui sont entrepreneurs. Donc y a ce groupe sur Facebook qui existe. Et pendant longtemps, je n'arrivais pas à me décider à le rejoindre. Parce que j'avais peur en faisant ça, que ça devienne trop communautaire mon entreprise. Je ne voulais pas que les gens pensent que j'étais une noire qui travaillaient pour les noirs. Voilà. En fait je ne voulais pas travailler spécifiquement avec la clientèle africaine. Je voulais travailler avec tout type de clientèle. J'ai rejoint ce groupe finalement en disant «allez on s'en fout, puis on verra bien» et évidemment ça s'est très bien passé. Et évidemment, ça m'a permis d'avoir des nouvelles clientes. Le fait est que aujourd'hui, avec le recul, ma clientèle est autant composée de femmes d'origine européenne comme africaine.

 

Bref. C'était stupide de ma part.

 

N'empêche que, on a ces ancrages intérieurs, ces craintes personnelles, qui parfois
nous paralysent et nous empêchent d'avancer. Et surtout, surtout (et c'est ça la grande leçon que j'ai apprise) : j'avais tellement peur que les gens ne se reconnaissent pas en moi, que j'en ai complètement oublié qu'il y avait tout un panel de femmes qui avaient besoin de se reconnaître en moi.
 

Je trouve ça incroyable comment on peut passer à côté de ce qui nous
définit, de notre identité, bêtement, à cause de ses peurs. Parce que en
réalité, ce que vous pensez qui causent vos faiblesses, sont vos faiblesses, sont en réalité vos forces. Le fait est que les gens ont besoin de vous, ont besoin de vous entendre.

 

Je suis persuadée, sans toute prétention, qu'il y a énormément de femmes d'origine africaine qui ont besoin de trouver des modèles qui les inspirent, des femmes qui leur donne l'exemple, qui les poussent à se dépasser, à se dire que tout est possible. Je vais pas dire que je m'en veux, de ne pas l'avoir percuté avant, mais en tout cas, je veux faire passer le message à toi, parce que ça me paraît tellement tellement important que tu prennes conscience que non seulement ça va être beaucoup plus facile pour toi d'être vraiment celle que tu es, mais tu vas encore plus résonner finalement, avec les personnes qui te ressemblent et qui ont besoin de toi.

 

Alors quelle que soit ce que tu estimes être ta faiblesse, les gens qui ont les mêmes faiblesses que toi, ont besoin de toi.